Qu'est ce que l'économie circulaire ?

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Dans une économie linéaire classique, les ressources sont utilisées pour fabriquer un produit qui en fin de vie devient un déchet. Parfois, le recyclage permet d’allonger la durée d’utilisation de ces ressources, mais dans la majorité des cas, un recyclage correspond à un décyclage et le produit devient finalement un déchet. Ainsi, les impacts négatifs bien que minimisés, subsistent.

 

Dans cette optique, l’économie circulaire est souvent assimilée au recyclage de produits, alors qu’elle va bien au-delà du principe de valorisation des déchets.

L’économie circulaire est un nouveau modèle économique fonctionnant en boucles visant à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement tout en développant le bien-être des individus et ce à tous les stades du cycle de vie des produits (biens et services)1. L’objectif principal de l’économie circulaire est de passer d’un modèle de réduction d’impact à un modèle de création de valeur positive2. Il s’agit donc d’adapter et d’améliorer notre comportement : utiliser moins de ressources et consommer de façon plus responsable afin de garantir leur pérennité.

 

L’économie circulaire agit à tous les niveaux, de la conception du produit, au choix des ressources et matériaux utilisés et à la façon dont le produit est façonné, distribué, mis en place et finalement valorisé. Ainsi tout produit ou matériau sera conçu de manière à permettre une prolongation de sa durée d’utilisation, une réutilisation fréquente du bien lui-même ou de ses composants ainsi que leur réparabilité. Cette démarche de l’écoconception permet donc de réduire les impacts environnementaux d’un produit.

L’application idéalisée des principes de l’économie circulaire dans un bâtiment prévoit que les éléments de construction du bâtiment (poutres, dalles, murs, fenêtres, isolation thermique, revêtements de sol …) sont conçus et montés de façon modulaire, sont réparables et démontables. Ainsi, ces éléments peuvent être réutilisés en fin de vie du bâtiment. Ils constituent ainsi un « réservoir » de matériaux (appelé aussi « banque de matériaux ») pouvant être réutilisés après démontage pour un usage identique.


http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/fiche-technique-economie-circulaire-oct-2014.pdf
http://www.institut -economie-circulaire.fr

L’économie circulaire est liée étroitement à l’économie collaborative, sharing economy, plus communément appelé économie de partage. La location et le partage sont des mécanismes qui permettront la mise en place de l’économie circulaire et l’atteinte de ses objectifs. Les concepts de leasing, de revente, de location, …, peuvent prolonger la durée d'utilisation d'un produit tout en maximisant son utilisation. 

L’utilisation plus fréquente d’un produit permet de compenser un coût de production plus élevé par :

  • un cycle de vie optimisé,
  • une amélioration de la qualité,
  • une réparabilité plus facile,
  • une démontabilité, et
  • des coûts d’entretien plus faibles.

L’économie de partage fait partie des « nouveaux modèles économiques » basés sur l’action collective. Il s’agit d’un écosystème socio-économique construit autour du partage des ressources humaines, physiques et intellectuelles. Elle est basée sur des réseaux horizontaux et la participation d’une communauté transformant ainsi la façon dont nous vivons, travaillons et créons. Elle comprend la création, la production, la distribution, le commerce et la consommation partagés de biens et de services par des personnes et des organisations. Le partage permet d'utiliser plus efficacement les biens et les ressources existants. Ce partage est facilité par l’organisation des citoyens en « réseaux » ou « communautés » par l’intermédiaire de plateformes électroniques.

Partager des produits entre amis ou en communauté permet de réduire la consommation de ressources. Or il faut également que les produits soient conçus selon les principes de la circularité et réintégrés dans un des cycles en fin d’usage.

De plus, il existe le modèle du product-as-a-service qui vise surtout à responsabiliser le producteur, à aligner les intérêts du consommateur et du producteur et à développer des chaînes de valeur intégrées dans lesquelles la fin d'utilisation est incluse et la réinsertion dans le cycle est prévue dès le départ.

L’accroissement démographique, l’augmentation du pouvoir d’achat de la population mondiale et le progrès technologique ont accéléré considérablement la consommation des ressources naturelles pourtant limitées. Prenons l’exemple du Smartphone : alors que les ventes ne cessent de progresser, la pénurie de leurs composants (métaux lourds, terres rares e.a.) menacera sensiblement leur production sous peu3.

Confrontée à une pénurie de matières premières, la commission européenne a présenté fin 2015 un paquet de mesures « Boucler la boucle - Un plan d’action de l’Union européenne en faveur de l’économie circulaire » comprenant un plan d’action et des propositions législatives pour faciliter la transition de l’Europe vers une économie plus forte et circulaire. Au cours du premier semestre 2018, des révisions de quatre directives en matière de déchets ont été adoptées par l’UE dans le cadre du paquet économie circulaire et vont être publiées prochainement. Ces modifications ont pour objectif - entre autres -  le renforcement d’une prévention de déchets et leur réemploi ainsi que des taux de préparation au réemploi et recyclage plus ambitieux à atteindre par les Etats membres4.

L’économie circulaire est aussi une priorité pour le Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg qui a publié en 2014 l’étude stratégique pour la mise en place de l’économie circulaire au Luxembourg5.  

Par la suite, le processus Rifkin, a permis de dynamiser encore d’avantage les discussions autour de l’économie circulaire qui sera amené à remplacer le modèle actuel de société linéaire.

Le Luxembourg est en pleine transition vers une économie circulaire. Ainsi le régime d’aides financières étatiques PRIMe House encourage les particuliers de prendre en compte les aspects de circularité dans le cadre de nouvelles constructions et rénovations. En outre, le programme Fit 4 Circularity lancé par Luxinnovation permet de faciliter et d’accélérer la transition des entreprises luxembourgeoises vers une économie circulaire.

La transition vers une économie circulaire à grande échelle est un processus évolutif qui ne pourra être instauré qu’à moyen voire à long terme. Au niveau européen, mais aussi au niveau national, des projets concrets ont déjà été réalisés. Citons p.ex. les efforts entrepris par la Ville de Wiltz. En tant que « hotspot » de l’économie circulaire, Wiltz met en place une multitude de projets, notamment en matière de logement, qui intègrent les principes de l’économie circulaire.

Bien que des résultats ne puissent pas toujours être visibles à court terme, il est indispensable de s’orienter dès à présent vers ce nouveau modèle économique pour faire face aux défis futurs.


  3 https://www.distributique.com/actualites/lire-smartphones-les-ventes-progressent-la-penurie-de-composants-menace-26662.html
  4 http://www.parliament.bg/pub/ECD/2875391_FR_ACT_part1_v3.pdf
  5 https://www.luxinnovation.lu/news/luxembourg-knowledge-capital-testing-ground-circular-economy

Souvent, l’économie circulaire est assimilée au recyclage de produits, alors que ce nouveau modèle économique va bien au-delà du principe de simple transformation des déchets.

Le terme du recyclage décrit le processus par lequel un déchet matériel est idéalement transformé en un produit de même valeur. Dans de nombreux cas, le recyclage ne permet toutefois que de produire de nouveaux matériaux ou produits de moindre qualité qui eux en fin de vie ne se laissent plus recycler. Dans ce cas, on parle de décyclage, (downcycling) qui conduit à une dévalorisation du déchet transformé progressive des matériaux mis en œuvre.

En revanche, l'économie circulaire vise un surcyclage (upcycling), c'est-à-dire une augmentation de valeur de la matière lors de sa transformation. Le déchet devient donc une ressource précieuse qui est à l’origine de nouveaux produits de plus haute qualité. Ce rajout de plus-value au matériel d’origine constitue un pas essentiel vers une économie circulaire et n’est réalisable que sous condition que les produits soient conçus dès le départ pour que ces produits ou les matériaux mis en œuvre soient réutilisés au maximum en fin d’usage et accompagnés des services adéquats.

Dans la nature, tout est réutilisé et fonctionne en boucle. Contrairement à la logique de l’économie linéaire, l’économie circulaire essaie d’imiter ce modèle, en sorte que tout produit que nous utilisons reste idéalement une ressource. Ainsi, l’économie circulaire utilise un système en boucle suivant deux cycles, permettant de rallonger et d’optimiser le flux des produits, des composants et des matériaux.

Conceptuellement, il y a deux grands cycles regroupant les produits, les composants et les matériaux : le cycle technique, encore appelé technosphère, et le cycle biologique, encore appelé biosphère. Le cycle technique, qui regroupe les biens destinés à être utilisés (« Gebrauchsgüter »), est basé sur le principe de l’écoconception permettant de concevoir, dès la production, la possibilité de démanteler, réparer ou réutiliser les biens ou produits tout en limitant leur nocivité. Le cycle biologique, qui regroupe les biens destinés à être consommés (« Verbrauchsgüter »), est basé sur la réduction du gaspillage. Grâce au compostage et à la fermentation, les excédents des matières biologiques peuvent être utilisés comme nutriment biologique à réintégrer dans le sol.

L’objectif de l’économie circulaire est d’optimiser l’exploitation des ressources en favorisant la circulation des produits, composants et matériaux dans les cycles technique et biologique.

La finalité du produit (donc s’il est utilisé ou consommé) détermine dans lequel des deux cycles le produit se retrouve. Toutefois, il n’est pas exclu qu’un produit ou ses composants passent d’un cycle à l’autre (p.ex. le papier toilette, les particules d’abrasion des pneus ou des freins des véhicules). Par conséquent, les produits de la technosphère devront également être conçus pour le cycle biologique.  Il en est de même pour les matières biologiques qui peuvent intégrer le cycle technique (p. ex. plastics biosourcés). La transition des produits techniques et biologiques d’un cycle à l’autre est donc probable, les nuisances éventuelles ainsi engendrées sont par conséquent à limiter au maximum.

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